Pour le plaisancier méditerranéen, les Baléares résonnent comme une promesse incontournable. C’est l’archipel “à portée d’étrave” du continent, la promesse d’eaux turquoises dignes des Caraïbes à moins de 48 heures de traversée depuis la côte catalane ou provençale.
Pourtant, pour le navigateur confirmé, celui qui a dépassé le stade de la simple location estivale pour devenir responsable de son navire, les Baléares sont devenues une destination à double tranchant. C’est un paradis, certes, mais un paradis qui se mérite, se négocie et qui, mal appréhendé, peut rapidement se transformer en piège nautique et financier.
Voici le bilan dénué de romantisme excessif de différentes navigations entre Majorque, Minorque, Ibiza et Formentera.
- Introduction : La magie et les défis de la navigation baléare
- Réglementation et pratiques bonnes : Le cadre avant l’aventure
- Majorque : Entre criques de rêve et surfréquentation estivale
- Minorque : La réserve préservée et ses écueils secrets
- Ibiza et Formentera : La face méditerranéenne aux éclats de beauté et aussi de bruits
- Les îles secondaires : Cabrera et Dragonera, sanctuaire des puristes
- Conseils de pro : Astuces, techniques d’ébauche et pièges à éviter
- Conclusion : L’art de naviguer aux Baléares en sagesse
La magie et les défis de la navigation baléare
Naviguer aux Baléares, c’est évoluer dans un tableau méditerranéen aux couleurs vibrantes, où le bleu cobalt de la mer épouse les falaises ocres et les pinèdes verdoyantes. Cet archipel, composé de quatre îles principales – Majorque, Minorque, Ibiza et Formentera et aussi des îlots plus discrets, représente à plusieurs terrains de jeu exceptionnels nautiques. Mais sous ce paradis apparent se cachent des réalités que seul un navigateur pleinement expérimenté peut aborder sereinement.
Les mouillages des Baléares offrent une diversité remarquable : criques isolées, baies majestueuses, plages de sable fin et fonds marins cristallins. Dans ce paradis, chaque saison voit des centaines de bateaux converger vers les mêmes spots, transformant des mouillages idylliques en parkings nautiques surpeuplés. La pression touristique, les réglementations en de plus plus strictes et la capricieuse météo exigent une réelle préparation de sa navigation.
Dans ce guide que je vous propose, fruit de quelques saisons de navigation dans ces eaux, nous allons vous dévoiler les plus beaux mouillages des Baléares comme les pires pièges à éviter. Région par région, je vous partage des informations pratiques, conseils de passage et de spots pour une expérience nautique sécurisée et mémorable.

2. Réglementation et pratiques bonnes : Le cadre avant l’aventure
La réglementation des mouillages aux Baléares
Depuis des années, les autorités des baléares ont durci la réglementation pour les fonds marins, particulièrement pour les herbiers de posidonie, essentiels à l’écosystème méditerranéen. La Posidonie est une plante marine (et non une algue) qui produit de l’oxygène, sert de nurserie aux crustacés et poissons et fixe les fonds sableux. Son ancrage destructeur est désormais sévèrement sanctionné.
Zones clés inclusion :
- Réserves marines : Zones réglementées (Cabrera, Nord de Minorque)
- Zones d’ancrage limitée : Bouées écologiques en saison
- Interdiction totale : Sur les herbiers de posidonie (répérables par couleur leur vert fress)
Les bouées écologiques dans les criques les plus fréquentées. Leur utilisation est obligatoire d’elles sont présentes. Comptez entre 25€ et 50€ par jour selon la taille du bateau et la période. Réservez à l’avance sur les applications dédiées (Mouillage, ClickandBoat) pendentif la haute saison.
Pratiques d’ancrage responsables:
- Répérer les fonds sableux avant de laisser tomber l’ancre
- Les zones de rocheuses où l’ancre peut chasser
- Respectez les distances (50m d’autres bateaux, 100m des plages)
- Mouillez avec de chaîne (3 à 5 fois la profondeur)
La gestion des déchets et ressources
Les services portuaires aux Baléares sont bien organisées, mais coute. Les Ports de plaisance Les principaux de disposent de carburants, d’eau, d’électricité et de stations de vidange des eaux noires. L’utilisation de ces dernières est obligatoire avant de quitter le port.
Astuce de pro : Remplissez vos réservoirs d’eau dans les petits ports; dans les petits ports remplissez en avance sur le matin, la pression y est meilleure qu’en fin de journée dans les grands ports maritimes.
Alors une petite analyse s’impose :
La face lumineuse : Pourquoi on y retourne malgré tout
Il ne faut pas être blasé. Si l’on accepte les contraintes, les Baléares offrent des moments de grâce nautique absolue.
L’esthétique brute : Il y a ce moment, lorsque l’ancre a croché dans 5 mètres d’eau cristalline sur un fond de sable blanc à Espalmador (Formentera) ou au sud de Minorque, où l’on se demande pourquoi aller chercher plus loin. La clarté de l’eau n’est pas une légende, c’est un choc visuel constant.
La diversité des terrains de jeu :
- Majorque offre le contraste saisissant entre la Sierra de Tramuntana à l’ouest, abrupte et profonde, et les “calas” ciselées de la côte Est. Sans oublier Cabrera, parc national maritime, qui reste une expérience magique de solitude organisée (sur bouée obligatoire).
- Minorque reste la préférée des marins. Plus sauvage, moins frénétique, elle offre des abris naturels spectaculaires comme le port de Mahón (le plus grand port naturel de Méditerranée) ou les mouillages lunaires du nord.
- Ibiza et Formentera sont le binôme de la démesure : la frénésie de la fête d’un côté, et les bancs de sable Caraïbes de l’autre, reliés par le détroit des Freus.
Les pièges : La réalité du terrain pour le chef de bord
C’est ici que l’expérience fait la différence. Le néophyte voit une baie turquoise ; le confirmé voit une série de paramètres à gérer sous peine de passer une nuit blanche ou de vider son compte en banque.
1. Le piège de la saturation : Le “Tétris nautique” estival
C’est le facteur numéro un. Entre le 15 juillet et le 25 août, les Baléares sont en surchauffe. L’explosion des flottes de location (charter) signifie que chaque crique populaire est saturée dès 11h du matin.
- La réalité : Vous arrivez dans une calanque de rêve. Il y a déjà 50 bateaux. Vous devez mouiller par 15 mètres de fond avec un rayon d’évitage précaire, tout en surveillant le catamaran de location de 50 pieds mené par un équipage inexpérimenté qui vient jeter son ancre sur la vôtre.
- Le conseil du confirmé : En saison, oubliez la grasse matinée. Les mouvements se font entre 8h et 10h. Sinon, visez les mouillages “de débordement”, moins sexy, plus rouleurs, mais gérables. Hors saison (juin et septembre) est devenu le seul vrai moment de plaisir.
2. Le piège écologique et légal : La Posidonie
C’est le sujet brûlant. La Posidonie (Posidonia oceanica) n’est pas une algue, c’est une plante à fleurs, poumon de la Méditerranée, et elle est strictement protégée.
- La réalité : Les autorités ne rigolent plus. Les contrôles sont fréquents (parfois par drone), les amendes sont dissuasives (plusieurs milliers d’euros). Mouiller l’ancre ou la chaîne dans l’herbier est interdit.
- Le défi technique : Il faut impérativement viser “la tache claire” (le sable). Dans une calanque bondée, trouver un trou de sable de 10m² pour y poser sa pioche demande de la maîtrise et de la patience. De plus, de nombreuses zones autrefois ouvertes sont désormais couvertes de champs de bouées payantes (et chères), comme à Espalmador ou Ses Salines.
3. Le piège météorologique : La fausse sécurité
La Méditerranée est traître, et les Baléares ne font pas exception.
- La Tramontane à Minorque : Le nord de Minorque est sublime mais redoutable. Un coup de Tramontane (Nord) peut s’y lever brutalement, transformant des mouillages de rêve en pièges mortels avec une mer qui rentre droit dedans.
- Les orages d’été et la “Gota Fría” : Les fins d’été sont propices à des phénomènes violents et soudains. Un mouillage forain paisible peut devenir un enfer en 30 minutes avec des rafales à 40 nœuds.
- La houle résiduelle : C’est l’ennemi silencieux. De nombreuses calas, surtout à Majorque (côte Est) et Ibiza, sont mal protégées de la houle du large. Le vent tombe le soir, mais une houle vicieuse de 50 cm rentre dans la crique toute la nuit, rendant la vie à bord insupportable et sollicitant dangereusement le mouillage.
4. Le piège financier : L’alternative des ports
Si votre mouillage devient intenable, l’option “repli vers un port” est douloureuse. Les marinas des Baléares pratiquent des tarifs parmi les plus élevés au monde en saison. Comptez facilement 150€ à 250€ la nuit pour un 12 mètres à Ibiza ou Palma en août. Le mouillage forain n’est pas qu’un choix esthétique, c’est une nécessité économique.
L’art de l’anticipation
Naviguer aux Baléares aujourd’hui ne s’improvise plus. Le temps de l’insouciance où l’on jetait l’ancre où bon nous semblait est révolu.
Pour le navigateur confirmé, réussir sa croisière aux Baléares repose sur trois piliers :
- Le timing : Privilégier juin, septembre, voire octobre. Juillet-août exige une résistance nerveuse à la foule.
- La préparation cartographique : Identifier à l’avance les zones de sable (via Google Earth ou les cartes dédiées à la Posidonie) et les abris potentiels selon les vents dominants.
- L’autonomie : Être capable de mouiller profond si nécessaire, avoir une confiance absolue en son matériel de mouillage, et gérer son eau et son énergie pour éviter les ports.
Les Baléares restent un paradis, mais c’est désormais un paradis sous haute surveillance qui demande autant de compétences techniques que de respect pour l’environnement fragile qui nous accueille.

3. Majorque : Entre criques de rêve et surfréquentation estivale
La côte nord-ouest : Tramuntana sauvage
La côte de la Serra de Tramuntana, au patrimoine mondial de l’UNESCO, offre les paysages les plus spectaculaires de Majorque, mais aussi les exposés plus exposés.
Les plus beaux mouillages de Mallorca dans cette région :
Cala Tuent – Un bijou
Coordonnées : 39°49’30″N 2°44’30″E
- Pourquoi c’est sublime : Encaissée entre des montagnes vertigineuses, cette crique aux eaux émeraude d’une protection naturelle exceptionnelle. Le fond de sable plus grossier offre un tenu d’ancre remarquable.
- Piège à éviter : Le vent du nord (Tramuntana) peut souffler violement et rendu le mouillage dangereux. Partez avant qu’il ne se lève.
- Services : Aucun. Prévoyez tout à bord. Le restaurant sur la plage est excellent mais complet souvent.
- Conseil de passage : Arrivez avant 14h en juillet-, il août n’y a de place que pour une dizaine de bateaux.
Sa Calobra et son célèbre torrent
Coordonnées : 39°51’00″N 2°48’30″E
- Pourquoi c’est magnifique : L’arrivée par la mer est spectaculaire avec ses falaises sculptées. L’anse principale permet un mouillage abrité des vents d’est.
- Piège majeur : Tourisme de masse. Des centaines de visiteurs débarquentent par la route de la nature. Évitez entre 11h et 17h absolument.
- Services : Restaurants, boutiques, tout mais est sur chargé.
- Astuce : Mouillez à l’extrémité est de la crique, plus calme, et voir le matin.
Les pires mouillages de cette zone :
Port de Sóller
Malgré son charme, le port de Sóller est à éviter mouillage de nuit :
- Problème principal : Le swell entre dans la baie, même par vent faible
- Fond : Herbiers et mauvaises tenues
- Alternative : Mouillez à Cala Figuera, juste au nord, bien plus abritée

La côte est : Les calas touristiques
La région de la région les criques les plus photogéniques mais aussi les plus bondées.
Cala Mesquida – Un coin de Caraïbes
Coordonnées : 39°44’30″N 3°26’00″E
- Pourquoi c’est exceptionnel : Plage de sable blanc, eaux turquoises, paysage sauvage. Un des rares mouillages de Majorque pas trop surchargé
- Risque : Très exposé aux vents d’est. Tenue d’ancre délicate par houle de nord-est.
- Réglementation : Zone sensible avec bouées écologiques obligatoires en saison.
- Conseil : Mouillez à l’ouest de la plage, fond plus sableux.
Cala Agulla à éviter absolument
- Pourquoi c’est un piège : Surfréquentation extrême, fonds rocheux avec rochers isolés, houler coince
- Expérience personnelle : J’ai vu trois bateaux chasser sur la terre en une après-midi, j’avoue n’avoir pas valider si les skippers semblaient être des bons ou des margoulins comme on en voit tant dans des destinations.
Cala Mondragó –
Coordonnées : 39°20’00″N 3°12’00″E
- Beauté : Située dans un parc naturel, eaux cristallines, pinèdes jusqu’à la mer
- Problème : Victime de son succès. En été, c’est un parking à bateaux
- Solution : y venir uniquement en juin ou en septembre, ou mouillez à Cala s’Almunia voisine, plus petite mais moins fréquentée
La baie de Palma et le sud : Contrastes
Cala Portals Vells – L’oasis près de Palma
Coordonnées : 39°30’00″N 2°34’00″E
- Avantage : Proche de Palma mais réserve plusieurs choix de criques.
- Fond : Sable et herbier, bonne tenue
- Précautions : éviter les week-ends, prise d’assaut par les bateaux locaux
Les pièges du sud :
- Cala Blava : Magnifique mais fonds couverts de posidonie, barrage presque ininterrompu
- Plage de Palma : A fuir à cause du bruit, de la pollution, du trafic maritime intense

4. Minorque : La réserve préservée et ses écueils secrets
Minorque, réserve de biosphère UNESCO, offre les mouillages les plus réservés des Baléares, mais sa navigation exige une vigilance s’accumule.
La côte nord : Sauvage et exposée
Cala Cavalleria – La puissance minérale
Coordonnées : 40°04’00″N 4°05’00″E
- Caractère : Anse grande ouverte sur le nord, eaux profondes, paysage lunaire
- Danger : Extrêmement exposées aux vents du nord. Ne restez pas si un coup de vent approche.
- Fond : Sable et roche, la bonne tenue est sur les zones ou il faut éviter les herbues
- Conseil : Mouillez près de la rive ouest, meilleure protection
Fornells – L’abri par excellence
Coordonnées : 40°03’30″N 4°07’30″E
- Pourquoi c’est un must : La baie immense offre un abri parfait à tous les vents sauf le sud
- Particularité : Fond de vase avec une excellent tenue
- Service : Village charmant avec tous commerces, restaurants de langouste réputés
- Astuce : Mouillez près du village pour profiter des services, ou au fond de la baie pour la tranquillité
La côte sud : Les célèbres criques de sable blanc
Cala Macarella et Macarelleta – Les jumelles paradisiaques
Coordonnées : 39°56’00″N 3°54’00″E
- Beauté : Sable blanc, eaux turquoises, falaises pittoresques
- Problème : Victime du succès. En juillet-août, jusqu’à 100 bateaux
- Réglementation : Bouées écologiques obligatoires, souvent réservées
- Alternative : Cala Turqueta proche toute, presque aussi belle et moins fréquentée
Cala en Turqueta – superbe mais peut être subtil d’y entrer
- Accès plus difficile par la terre = moins de monde
- Fond sableux parfait entre 3 et 5m
- Deux anses permettant de choisir selon le vent
- Attention : Rochers à fleur d’eau à l’entrée Est, bien suivre le chenal
Cala Mitjana – Le piège sournois
- Apparence : Idyllique comme ses voisines
- Réalité : Fond rocheux avec plaques de sable, très difficile de bien mouiller
- Expérience : J’ai mis 25 minutes à trouver un spot correct, pour chasser finalement pendant la nuit.
La capitale : Mahón
Le port de Mahón – Le plus grand port naturel de Méditerranée
- Avantage : Abri absolu, tous services, un accès facile
- Inconvénient : Payant et souvent complet en été
- Alternative gratuite : Mouillage à Cala Mesquida (homonyme de celle de Mallorca) à l’entrée du port
- Conseil : Prenez une bouée au Club Marítimo si vous voulez profiter de la ville

5. Ibiza et Formentera : La face méditerranéenne aux éclats brillants mais souvent bruyants
Ibiza : Entre beauté naturelle et frénésie nocturne
Cala Bassa – La beauté controversée
Coordonnées : 38°59’00″N 1°14’00″E
- Atouts : Eaux transparents, pinèdes, sable blanc
- Défauts : Clubs de plage, jet-skis, surréquentation
- Conseil : À éviter les week-ends, acceptable en semaine hors juillet-août
Cala d’Hort face à Es Vedrà
Coordonnées : 38°55’30″N 1°12’00″E
- Magie : Vue sur le rocher mythique d’Es Vedrà, couchers de soleil inoubliables
- Problème : Houle de sud-ouest rentre facilement, fond irrégulier
- Astuce : Mouillez près de la tour de défense, meilleure tenue
Les Salines – Paradis fragile
Région sud d’Ibiza, près de l’aéroport
- Beauté : Eaux un peu couleurs turquoise, paysage de dunes
- Réglementation stricte : Ancrage interdit sur posidonie, bouées des pannes
- Piège : Amendes très élevées si contrôlé sur herbier
- Conseil : Louez une bouée, c’est plus sûr
À éviter absolument :
- Playa d’en Bossa : Bruit constant des avions, eaux peu profondes, fonds dégradés
- Port de Sant Antoni : Nightclub bruyant jusqu’à l’aube, jeunes en sortie de boîte peu respectueux
Formentera : Les Caraïbes méditerranéennes
Ses Illetes – Le joyau
Coordonnées : 38°44’00″N 1°25’00″E
- Pourquoi c’est d’exception : nature de plage de sable, eaux turquoises peu profondes, paysage de rêve
- Défis : Surfréquentation extrême, vents changeants, fonds de posidonie protégés
- Réglementation : Bouées obligatoires dans toute la zone, très chères (jusqu’à 80€/jour)
- Astuce de pro : Mouillez à Cala Saona côté ouest de l’île presque, aussi belle et deux fois moins chère
Estany des Peix – L’abri parfait
- Avantage : intérieur Baie abritée, eaux calmes
- Fond : Vase, excellente tenue
- Services : Restaurants de poisson frais sur le rivage
- Précautions : Entrée étroite, à faire de jour et par mer calme
Platja de Migjorn – Le piège des vents
- Apparence : Longue plage de sable magnifique
- Réalité : Exposée à tous les vents sauf le nord, houle rente
- Expérience : Nuit blanche à rouler sur la houle avec 5 autres bateaux qui ont tous chassés

6. Les îles secondaires : Cabrera et Dragonera, sanctuaire des puristes
Cabrera : Le parc national maritime
Port de Cabrera – L’expérience unique
Accès sur autorisation uniquement
- Processus : Réservation obligatoire sur le site du parc, 50 bateaux maximum par jour
- Pourquoi ça le coup : Nature préservée, eaux cristallines abondantes, faune marine
- Services : Nul. Tout doit être à bord sous, aucune possibilités de réassort
- Règles strictes : Pas de pêche, pas de prélèvement, pas de déchets
- Conseil : réservation des mois à l’avance pour juillet-août
Cala Ganduf – L’alternative
Sur l’île principale, côté sud
- Avantage : Moins demandée que le port principal
- Beauté : Eaux turquoises d’exception
- Précautions : Exposée au sud, à éviter si houle résiduelle du sud
Sa Dragonera : Le sauvage proche de Mallorca
Cala Lladó – L’abri du nord
- Situation : Côte nord de Dragonera
- Avantage : Proche de Saint Elm mais sauvage
- Fond : Sable et posidonie, bonne tenue
- Particularité : Nombreux fonds intéressants pour la plongée autour
Cala en Basset – Pour experts en navigation
- Beauté : Grottes, eaux transparentes
- Difficulté : Entrée étroite, fonds rocheux, réservée aux bons manœuvriers
- Conseil : Venez en zodiac ou petit bateau, pas en voilier de 15m
7. Conseils de pro : Astuces, techniques d’ébauche et pièges à éviter
La météo aux Baléares : Comprendre pour mieux naviguer
Les vents dominants :
- Meltemi (été) : Nord/nord-est, peut fraîchir l’après-midi
- Tramontane : vent froid et fort provenant du nord et du nord-est. Il peut atteindre des rafales de 200 km/h. C’est un vent qui se produit en hiver et qui peut durer plusieurs jours.
- Levant : vent humide qui apporte des nuages et de la pluie, un vent chaud et sec et est l’un des plus dangereux
- Garbí (sud-ouest) : Thermique diurne, généralement
- Mistral (nord-ouest) : Plus rare mais puissant quand il s’installer
Signes avant-coureurs à ennui :
- Nuages en chou-fleur : Risque d’orages violents l’après-midi
- Mer huileuse : le Vent va tourner ou forcir
- Ciel rouge le soir : Belle journée le lendemain (sauf en hiver)
Applications indispensables :
- Windy verser les prévisions
- MétéoMéditerranée verser les alertes locales
- Carte de Posidonia pour les herbiers évidés

Techniques d’ancrage avancés pour mouillages difficiles
La technique méd-maure :
- Nécessaire dans les criques étroites
- Ancre au large, aussière à terre
- Utilisations d’un float-trip pour passer l’aussière sans assistance
L’ancrage arrière sur bouée :
- Quand les bouées écologiques sont trop proches
- Permet de rester dans l’axe du vent/courant
- Contrôlez la tension régulière
- risque d’être peu confortable avec le clapot arrière
Le mouillage en Y :
- Pour les nuits de vent variable annoncé
- Deux ancres à 60° l’une de l’autre
- Extrême sûr mais nécessite de l’espace et éviter les vents tournants
Équipement pour les Baléares
Essentiel :
- Ancre de type Delta ou Rocna (meilleure tenue dans le sable et la vase)
- Longueur de chaîne : Minimum 50m pour 15m de bateau
- Trip-line pour décrocher l’ancre des roches
- Masque et tuba pour vérifier la pose de l’ancre
Confort/sécurité :
- Pare-soleil pour le cockpit
- Écran anti-moustiques pour les destination des criques
- Gaffe obligatoire pour attraper les bouées écologiques
Gestion de la foule en haute saison
Stratégies pour une place :
- Arrivées au plus tôt (avant 13h) ou tard (après 18h)
- Répéter les départs en fin d’après-midi
- Prévoyez des alternatives verser les mouillages de chaque fois
Quand tout est complet :
- Les mouillages secondaires à proximité
- Mouillez plus profond (15-20m) où peu de bateaux vont
- Ancrez de nuit dans les spots qui sont de jour bondés

8. Conclusion : L’art de naviguer aux Baléares en sagesse
Naviguer aux Baléares reste une expérience incomparable pour tout amateur de beautés maritimes. Les plus beaux rivalisent avec les plus belles escales mondiales. Mais ce paradis exige le respect nautique, la préparation et l’adaptabilité.
Résumé des bonnes pratiques :
- Privilégiez la basse saison (mai-juin, septembre-octobre)
- Respectuez les herbiers de posidonie
- Prévoyez un budget pour les bouées écologiques (30-50€/jour moyen)
- Ayez un plan toujours B (et un plan C)
- Protégez vos nuits dans des mouillages bien abrités
Les tendances émergentes :
- Augmentation des zones réglementées
- Développement des bouées écologiques
- Contrôles plus systématiques des autorités aux mouillages
Mon top 5 personnel des mouillages :
- Cala en Turqueta (Menorca) – La perfection
- Cala Tuent (Majorque) – Le sauvage
- Ses Illetes (Formentera) – Le rêve caribéen
- Port de Cabrera – L’expérience nature
- Fornells (Ménorque) – L’abri parfait
À éviter en haute saison :
- Cala Macarella (Menorca) – Trop de monde
- Sa Calobra (Mallorca) – Usine à touristes
- Playa d’en Bossa (Ibiza) – Bruit et agitation
Les mouillages des Baléares ne cessent d’évoluer sous la pression touristique et environnementale. En tant que voileux, nous avons aussi la responsabilité de ces joyaux pour les générations futures. Une navigation responsable, de l’environnement et des autres usagers, est la clé pour profiter ces méditerranéennes merveilles.
Que vos ancres tiennent bon, vos nuits loisirs tranquilles et vos souvenirs inoubliables dans ce archipel magnifique qu’offrent les plus beaux mouillages des Baléares à qui sait les approcher avec sagesse.
Bon vent et bon mouillage !


































