
Les bons termes marin pour se repérer sur un voilier
Bâbord / Tribord
Pour repérer la gauche et la droite, vous connaissez sans aucun doute les appellations bâbord (à gauche) et tribord (à droite)…
Petite astuce pour s’en souvenir, on peut penser au mot batterie : « ba » est à gauche comme bâbord et « tterie » (« tri ») est à droite comme tribord.
Pour résumer, quand on regarde de l’arrière vers l’avant du bateau, tout ce qui est à gauche sera donc à bâbord, et tout ce qui est droite à tribord.
Au vent / Sous le vent
Il y a une autre façon de se situer : en se référant au vent.
1. En se référant au bateau.
Il faut imaginer tracer une ligne qui séparerait le bateau en deux, si vous êtes sur le côté d’ou vient le vent vous êtes au vent sinon vous êtes sous le vent .
Cela permet de situer un objet ou une personne sur le bateau.
Exemple : dire à votre coéquipier d’aller fumer sa clope sous votre vent (pour éviter de respirer sa fumée).
Petite complication pour savoir si vous suivez : Si le voilier penche (et on dit qu’il gîte) : le côté sous le vent descend, le côté au vent monte.
2. En se référant à un objet, au paysage
Même principe, mais en se référant à un objet, un autre bateau, ou un repère sur la côte… On imagine toujours une ligne sur l’objet en question par rapport au vent (ligne en pointillés rouge sur le schéma de droite). Le bateau se situe sous le vent par rapport à la bouée et nous passerons bientôt au vent.
C’est bon, là je vous ai perdu …
Bâbord amure / Tribord amure
L’amure c’est le côté dont le voilier reçoit le vent en premier.
Suivant le bord, on dit qu’il est bâbord amure ou tribord amure. L’amure c’est aussi le côté des voiles qui reçoit le vent, et donc généralement le coté opposé où elle se situent par rapport au mât… je vous ai encore perdu !
Et si jamais le vent ne vient ni de bâbord, ni de tribord, mais pile poil de l’arrière ?
Bonne question ! Et bien, ce sera la bôme de la grand voile qui va le déterminer : si elle est vers bâbord, alors vous êtes tribord amure, et inversement. D’ailleurs vous pouvez le retenir comme ça pour tous les cas : le côté de l’amure correspond à celui opposé à la bôme.
autre version :
Se repérer à bord : les bases à connaître sur le bout des doigts
Naviguer, c’est avant tout dialoguer avec le vent, la mer et… vos coéquipiers ! Et pour qu’aucune quiproquo linguistique ne vienne jouer les trouble-fête, mieux vaut maîtriser quelques fondamentaux du vocabulaire marin. Finies les consignes du style « ramène-moi ce bout de corde qui tient la grosse toile » : vous saurez enfin dire « Borde l’écoute de grand-voile » et voir votre équipier agir en un éclair. Voici donc une version encore plus détaillée et imagée de ces termes essentiels !
1. Bâbord et tribord : vos repères latéraux
Bâbord = gauche
Tribord = droite
Astuce visuelle :
Imaginez que vous tenez dans chaque main un sabre de pirate. Celui dans la main gauche, c’est votre sabre « ba » comme « bâbord ». Celui dans la main droite, c’est votre sabre « tri » comme « tribord ». Plus vite vous tirez le mot, plus vite vous tirez votre sabre !
Quand vous lisez un plan ou donnez un ordre :
Tournez toujours votre regard de l’arrière vers l’avant du bateau.
Si quelqu’un se trouve à votre gauche au moment où vous dites « laisse-toi glisser à bâbord », il saura exactement où aller.
Exemple : « Mets la main la manivelle du winch bâbord, et borde l’écoute ! »
2. Au vent / Sous le vent : jouer avec l’air
Pour situer un objet, une personne ou un autre bateau par rapport au vent :
A. Par rapport à votre propre bateau
Tracez mentalement une ligne médiane (avant-arrière) divisant le bateau en deux.
Si vous êtes du côté d’où vient le vent, vous êtes au vent.
Sinon, vous êtes sous le vent.
Utilité : dire à votre équipier où s’installer pour ne pas gêner la manœuvre ou—soyons honnêtes—pour que sa clope ne soit pas dans votre face !
B. Par rapport à un objet extérieur
Prenez un repère fixe (bouée, phare, autre bateau).
Imaginez la même ligne divisant ce repère face au vent.
Déterminez si votre voilier se trouve au vent ou sous le vent de ce repère.
Illustration mentale : vous patientez sous le vent d’une bouée avant d’abattre pour la contourner—plus de risque de passer sous sa chaîne !
Note finale : quand le voilier gîte (penche sous la force du vent), le côté sous le vent s’enfonce légèrement et le côté au vent se relève.
3. Bâbord amure / Tribord amure : qui reçoit le vent en premier
L’amure désigne le côté par lequel le vent frappe la voile. Deux cas :
Bâbord amure : le vent arrive par bâbord ; la voile est sur tribord.
Tribord amure : le vent arrive par tribord ; la voile est sur bâbord.
Et si le vent vient de l’arrière… pile dans l’axe ?
C’est là que la bôme de Grand voile entre en scène.
Si la bôme est projetée vers bâbord, alors le vent attaque l’autre côté, donc tribord amure.
Et si la bôme est du côté tribord, vous êtes bâbord amure.
Règle infaillible : l’amure, c’est toujours le côté opposé à celui où se place la bôme.
4. Pourquoi ces notions sont si utiles
Clarté en toutes circonstances
En cas d’urgence—rafale, vague inopinée, crocodile imaginaire—vous parlerez le langage universel du marin.Sécurité renforcée
Moins de risques de collisions ou d’erreurs de manœuvre. À l’abordage, on évite les quiproquos mortels !Efficacité et vitesse
Des instructions courtes, percutantes, et comprises de tous : le voilier répond au doigt et à l’œil.Cohésion d’équipage
Un vocabulaire commun crée un esprit d’équipe : vous n’êtes plus spectateur, vous êtes acteur de la navigation.
5. Exercices pratiques
Balade silencieuse
En marchant dans la rue, placez-vous face à un immeuble. Dites « voilà mon mât » (le bâtiment) et déterminez « ma position est sous le vent/au vent ».Quiz verbal en équipage
Dès que quelqu’un prononce un mot maritime incorrect, il lui faut passer la barre à un autre équipier pour descendre une gorgée de rhum.Étiquettes temporaires
Munissez-vous de petites gommettes ou post-it et collez-les sur les parties du pont : « bôme », « écoute tribord », « winch bâbord ». En deux sorties, vous verrez disparaître les post-it… tout comme vos hésitations !
7. Entraînement mental : le défi des cinq minutes
Chaque matin avant de chausser vos chaussures, prenez 5 minutes pour lister à voix haute :
Gauche = bâbord
Droite = tribord
Je suis au vent ou sous le vent par rapport à la porte de ma maison
Je suis bâbord amure ou tribord amure si le vent venait (pointez du doigt la direction)
Ce petit rituel vous ancrera ces notions dans votre cortex, bien avant que vous ne mettiez le pied sur le pont.
Conclusion : parlez marin, respirez liberté !
Maîtriser bâbord/tribord, au vent/sous le vent et amure, c’est ouvrir la porte d’un univers où chaque mot porte un sens précis et où chaque ordre peut changer le cours de la navigation. Avec ces termes sur le bout de la langue, vous passerez de la novice timorée à la matelote affirmée, prête à défier les embruns et à savourer l’ivresse du grand large.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez le cri « À bâbord toute ! », vous saurez exactement pourquoi vous tournez et quel sabre brandir !
Bon vent, moussaillonne !









































