Comprendre le concept voilier remonter vent principes-de navigation défie souvent l’intuition, car avancer face à une force qui vous repousse semble impossible. Nous allons voir comment l’aérodynamique et les lois de Newton transforment cette contrainte en vitesse pure grâce à des réglages précis. Préparez-vous à saisir pourquoi votre girouette ment et comment les foils brisent désormais les limites de la physique classique.
- La magie de la voile : comment une coque de noix défie le vent
- Le héros immergé : le rôle méconnu de la dérive et de la quille
- Le vent apparent : ou pourquoi votre girouette vous ment
- Les allures et la remontée au vent : la stratégie du zigzag
- L’art du réglage : faire chanter ses voiles au près
- Des voiles carrées aux gréements modernes : une histoire de performance
- La nouvelle ère : comment les bateaux à foils volent plus vite que le vent
- Appliquer ces principes à votre voilier de croisière
La magie de la voile : comment une coque de noix défie le vent
Le secret n’est pas la poussée, mais l’aspiration
Vous pensez que le vent pousse le bateau ? C’est faux. Pour comprendre comment un voilier remonter vent principes-de navigation, il faut inverser votre logique : la force principale est une aspiration vers l’avant.
Le mécanisme est identique à celui d’une aile d’avion. Votre grand-voile n’est qu’une aile verticale qui génère une force latérale et frontale.
L’air parcourt plus de chemin sur le côté bombé de la voile, l’extrados, que sur l’intérieur, l’intrados. Cette différence de vitesse oblige l’air à accélérer, créant une chute de pression qui aspire littéralement le bateau.
Bernoulli et Newton à la barre : la physique simplifiée
Daniel Bernoulli l’a prouvé : là où un fluide accélère, la pression s’effondre. C’est cette dépression brutale sur l’avant de la voile qui tracte le navire, bien plus que la pression du vent.
Isaac Newton joue aussi son rôle avec l’action-réaction. La voile dévie la masse d’air vers l’arrière du bateau ; en retour, l’air propulse la toile vers l’avant avec une force égale.
Ces deux phénomènes physiques se combinent pour créer une résultante unique : la poussée vélique. Cette force globale est orientée à peu près perpendiculairement à la corde de votre voile.

La portance et la traînée : le duo qui fait tout avancer
Cette poussée vélique se scinde en deux vecteurs distincts : la portance, perpendiculaire au vent, et la traînée, parallèle au vent. Pour remonter au vent efficacement, on cherche toujours à maximiser la portance tout en tuant la traînée.
La portance est la force “utile” qui tire le voilier vers l’avant. À l’inverse, la traînée est la force “nuisible” qui freine la progression de la coque.
Le rendement optimal s’obtient avec un angle d’incidence très fin, souvent situé entre 13 et 15 degrés, comme le confirment certaines études sur l’aérodynamique des voiles.
Pourquoi on ne peut pas naviguer face au vent
Il existe une zone interdite appelée l’angle mort. Si vous pointez le nez pile face au vent, la voile ne peut plus agir comme une aile et faseye comme un drapeau.
Dans ce secteur critique, la traînée devient énorme et la portance tombe à zéro. Le bateau s’arrête, recule et devient ingouvernable : c’est la zone de virement de bord.
Sur un voilier de croisière classique, cet angle mort représente environ 40° de chaque côté du lit du vent. Impossible donc de viser une cible située droit devant.
Le héros immergé : le rôle méconnu de la dérive et de la quille
Contrer la dérive : la mission du plan anti-dérive
Imaginez la scène : votre voile se gonfle et travaille. Elle tire le bateau vers l’avant, c’est vrai, mais elle exerce aussi une pression énorme et brutale fortement sur le côté. C’est cette force latérale traître qu’on appelle la force de dérive.
Pour ne pas finir en crabe, il faut un plan anti-dérive efficace sous la coque. C’est là qu’entrent en jeu la quille lourde sur les monocoques ou les dérives légères pour les catamarans. Leur job est simple : s’opposer fermement à ce mouvement latéral.
Sans ce plan anti-dérive indispensable, comprendre un voilier remonter vent principes-de navigation serait impossible. Votre bateau glisserait sur l’eau exactement comme une savonnette mouillée, totalement incapable de remonter au vent.

La quille, une autre aile mais dans l’eau
En fait, votre quille ou votre dérive fonctionne exactement comme une aile d’avion, mais sous la surface. C’est le principe fondamental de l’hydrodynamique qui opère ici. Comme l’eau est 830 fois plus dense que l’air, une surface immergée même réduite suffit pour générer une puissance colossale.
Dès que le bateau dérape un peu, l’eau attaque le profil de la quille avec un angle précis. Ce flux crée une portance hydrodynamique immédiate qui contrecarre la poussée latérale du vent.
C’est presque magique : cette force anti-dérive est ce qui permet de transformer la force latérale de la voile en propulsion vers l’avant. C’est le secret mécanique pour remonter au vent efficacement.
L’équilibre des forces : un dialogue permanent
Tout l’art de la navigation repose sur un bras de fer permanent et invisible. C’est le résultat d’un équilibre constant entre la force aérodynamique dans les voiles et la force hydrodynamique exercée sur la coque et la quille.
Visualisez un noyau de cerise pincé entre deux doigts humides. La pression latérale exercée des deux côtés finit par l’expulser violemment vers l’avant.
La composante avant de la portance de la voile surmonte alors la traînée de la coque. Simultanément, la force anti-dérive de la quille annule la composante latérale de la voile. Résultat ? Le bateau avance droit.
Le mouvement d’un voilier est régi par l’équilibre constant entre les forces aérodynamiques sur les voiles et les forces hydrodynamiques sur la coque et ses appendices.
Quille, dérive, lest : à chacun sa fonction
Ne confondons pas tout dans le vocabulaire marin. La quille est un appendice fixe et lourdement lesté, souvent avec un bulbe en plomb. En plus de l’anti-dérive, elle assure la stabilité vitale du navire.
La dérive, elle, est souvent une simple plaque mobile et relevable, généralement non lestée. Son unique rôle est de servir de plan anti-dérive efficace. La stabilité vient alors de la forme de la coque.
Les quilles pivotantes ou relevables sont le compromis idéal pour le voyageur. Elles offrent la sécurité du lest et permettent d’accéder à des mouillages peu profonds inaccessibles aux autres quillards.
Le vent apparent : ou pourquoi votre girouette vous ment
Vent réel vs. vent vitesse : le cocktail du vent apparent
Commençons par la base : le vent réel. C’est celui de la météo, le souffle que vous sentez sur le quai avant même de larguer les amarres, totalement indépendant de votre mouvement.
Ensuite, il y a le vent vitesse. C’est le courant d’air que vous créez en avançant, exactement comme le vent qui vous fouette le visage à vélo, même par calme plat.
Le vent apparent est le mélange mathématique de ces deux forces. C’est le seul vent mesurable et agissant sur les voiles, essentiel pour qu’un voilier remonte le vent selon les principes de navigation.
Pourquoi il “refuse” quand vous accélérez
Voici le piège classique. Quand vous remontez au vent et que le bateau accélère, le vent vitesse augmente mécaniquement. Comme ce flux vient pile de face, il vient percuter le vent réel et modifie l’équilibre global des forces en présence.
Le résultat est immédiat : le vent apparent se renforce (il tape plus fort que le réel) et surtout, son angle se rapproche de l’axe du bateau.
À la barre, vous jureriez que le vent tourne et “refuse” en venant de l’avant. Mais non, c’est votre propre vitesse qui fabrique cette illusion d’optique aérodynamique.
L’impact direct sur le réglage de vos voiles
Cette bascule vers l’avant change tout pour vos réglages. Puisque le vent apparent vient désormais de plus près, vos voiles réglées à l’arrêt ne fonctionnent plus du tout.
Pour garder cet angle d’attaque parfait autour de 15°, vous n’avez pas le choix : vous devez border les voiles, c’est-à-dire les rentrer vers l’axe du bateau.
C’est une boucle de rétroaction : plus de vitesse égale vent apparent plus avant, donc on borde, on garde la puissance et on maintient la vitesse. Inversement, si le bateau ralentit, il faut choquer (relâcher) les voiles.
Le vent apparent est un concept fuyant. Il change constamment avec votre vitesse, forçant le bon marin à un dialogue ininterrompu avec ses voiles.
Schéma : comprendre la composition des vents
Un bon schéma vaut mille mots pour piger le truc. Il est temps de visualiser ces vecteurs.
Regardez l’illustration ci-dessous. Vous y voyez le vecteur du Vent Réel et celui du Vent Vitesse (venant de l’avant). Leur somme crée le Vent Apparent. C’est pas très compliqué : remarquez bien comment, à haute vitesse, la flèche du Vent Apparent pivote vers l’avant et s’allonge nettement par rapport à la situation à faible vitesse.

Les allures et la remontée au vent : la stratégie du zigzag
Vous vous demandez comment on atteint une destination quand le vent souffle pile poil dans le nez ? C’est impossible d’aller tout droit, alors on triche avec la physique.

Le louvoyage : l’art de tricoter contre le vent
Puisqu’on ne peut pas foncer droit dans le mur du vent, il faut ruser. Cette technique indispensable s’appelle le louvoyage.
Le principe est bête comme chou : on tire des bords, c’est-à-dire qu’on navigue en zigzag, alternativement d’un côté et de l’autre du lit du vent.
Chaque segment de ce zigzag se fait à l’allure du près, l’angle le plus serré possible pour qu’un voilier remonter vent principes-de navigation reste efficace.
Le virement de bord : la manœuvre clé
Le passage d’un bord à l’autre porte un nom : le virement de bord. Le bateau passe son nez face au vent pour recevoir la brise de l’autre côté.
C’est un moment délicat où le bateau perd de la vitesse et où les voiles changent de côté. Une bonne coordination est nécessaire pour ne pas rester planté face au vent.
C’est une manœuvre fondamentale qui demande de l’entraînement. Bien la maîtriser est un des micro-rituels de la navigation qui apporte sécurité et sérénité.
Tour d’horizon des allures du voilier
Le près n’est qu’une des allures possibles, même si c’est la plus technique. Il est bon de connaître toute la palette pour adapter vos réglages.
| Allure | Angle par rapport au vent | Réglage des voiles | Sensation |
|---|---|---|---|
| Près | ~45° | Très bordées, plates | Le bateau gîte, tape dans la vague, vitesse modérée. |
| Bon plein / Près débridé | ~60° | Légèrement choquées | L’allure la plus rapide pour beaucoup de voiliers. |
| Travers | 90° | Choquées à moitié | Navigation confortable et rapide. |
| Largue | ~120° | Très choquées | Allure rapide et stable, le vent vient de l’arrière. |
| Vent arrière | ~180° | Voiles en ciseaux ou sous spi | Allure instable, risque d’empannage. |
La VMG : le seul juge de paix
Quand on louvoie, la vitesse du bateau affichée au loch n’est pas ce qui compte le plus. On introduit la notion de VMG (Velocity Made Good).
La VMG est la vitesse de progression réelle vers la destination (le point droit devant dans le vent). C’est la projection de la vitesse du bateau sur l’axe du vent.
Le jeu consiste à trouver le meilleur compromis : lofer un peu plus pour faire un meilleur cap au risque de perdre en vitesse, ou abattre pour accélérer au risque de s’éloigner de la route directe.
L’art du réglage : faire chanter ses voiles au près
Savoir tirer des bords, c’est bien, mais ça ne suffit pas. Pour que votre route soit efficace, il faut que les voiles soient réglées aux petits oignons, c’est là que la stratégie laisse place à la finesse. C’est précisément ici que l’on applique concrètement sur un voilier les réglages des voiles pour transformer la brise en vitesse pure.
Les penons, vos meilleurs indicateurs
Regardez ces petits fils de laine sur votre génois : ce ne sont pas des décorations, ce sont les yeux du régleur. Ils matérialisent l’invisible en vous montrant instantanément comment l’air s’écoule sur la toile.
La règle d’or est bête comme chou : les deux brins, intérieur et extérieur, doivent flotter à l’horizontale, parfaitement parallèles. C’est la preuve visuelle que vous avez atteint cet écoulement laminaire tant recherché.
Si le brin au vent décroche vers le haut, vous êtes trop lofé ou la voile manque de tension. S’il tombe, vous bordez trop ou devez abattre ; c’est là que les technologies modernes comme les ePenons entrent en jeu pour affiner encore cette lecture.
Jouer avec le creux et le vrillage
Parlons du volume, ou “creux”. C’est simple : donnez du ventre à la voile pour la puissance dans le clapot, ou aplatissez tout pour réduire la traînée et caper quand le vent monte.
Ensuite, il y a le vrillage. Le haut de la voile doit “ouvrir” plus que le bas, car là-haut, le vent est plus fort et adonne, un phénomène dû au gradient vertical du vent.
Pour orchestrer ça, vous avez vos instruments : drisse et cunningham gèrent la position du creux, tandis que le chariot d’écoute et le hale-bas contrôlent la chute. Chaque millimètre de bout repris est un compromis constant entre vitesse et cap.
L’équilibre entre grand-voile et génois
Ne voyez pas vos voiles comme des entités séparées, elles bossent en équipe. Le génois et la grand-voile créent ensemble un couloir aérodynamique redoutable qui accélère le flux d’air.
Concrètement, l’air compressé et accéléré par la voile d’avant vient “booster” l’écoulement sur l’extrados de la grand-voile. C’est ce qui la rend bien plus performante qu’en solitaire.
Tout l’enjeu est de maintenir un espacement constant et harmonieux entre les deux toiles. Souvent, on règle la grand-voile pour qu’elle suive le génois, qui reste le vrai moteur de votre remontée au vent.

Les erreurs courantes qui tuent votre cap
Naviguer au près, ça tape, ça mouille et ça use les nerfs, la fatigue décisionnelle guette vite le barreur. Pourtant, 90 % des marins tombent dans les mêmes panneaux qui ruinent leur moyenne.
- Vouloir trop lofer : À force de pincer le vent, vous tuez la vitesse, la dérive explose et votre VMG s’effondre.
- Voiles trop bordées : Vous étouffez la machine ; le bateau devient “mou”, s’arrête et n’a plus aucune puissance pour relancer.
- Négliger l’assiette du bateau : La gîte excessive est l’ennemie, elle augmente la traînée et rend la quille inefficace, réduisez la toile avant de vous coucher.
- Oublier les vagues : Dans le clapot, il faut de la relance et du creux, sinon vous allez vous planter dans chaque mur d’eau.
Des voiles carrées aux gréements modernes : une histoire de performance
Ces principes de réglage n’ont pas toujours été possibles. La capacité à remonter au vent est une conquête technologique. Faisons un petit retour en arrière pour voir d’où l’on vient.
Des voiles carrées au gréement latin
Les premiers gréements, comme ceux des Vikings ou des galères, utilisaient exclusivement des voiles carrées. Terriblement efficaces au portant, elles restaient malheureusement incapables de remonter au vent efficacement.
La première grande avancée fut la voile latine, reconnaissable à sa forme triangulaire. Montée sur une longue antenne oblique, elle permettait enfin de créer un profil aérodynamique exploitable.
C’est cette innovation qui a permis aux navires de s’affranchir de la tyrannie du vent arrière. Les marins pouvaient désormais explorer de nouvelles routes maritimes avec plus de liberté.
L’avènement du gréement Marconi (ou Bermudien)
Au XXe siècle, le gréement Marconi s’impose massivement. C’est la norme sur la quasi-totalité des voiliers modernes, un détail à connaître pour configurer un voilier de 11m taillé pour la mer.
Il se caractérise par une grand-voile triangulaire, haute et étroite, associée à une voile d’avant comme un foc ou un génois. Cette configuration divise le plan de voilure.
Sa grande force réside dans son incroyable efficacité aérodynamique au près. Grâce à un allongement élevé, il offre une bien meilleure gestion des écoulements d’air sur la voile.
L’impact des matériaux : du coton au carbone
Les anciennes voiles en coton se déformaient sous l’effet de l’humidité et du vent, perdant leur profil. L’arrivée des fibres synthétiques a tout bouleversé.
Le Dacron, puis le Mylar, le Kevlar et le Carbone ont permis de concevoir des voiles bien plus stables. Elles sont à la fois plus légères et nettement plus performantes.
Une voile qui garde sa forme maintient un profil efficace pour remonter au vent. C’est ainsi que les innovations en matériaux composites ont transformé notre manière de naviguer.
Les différents types de gréements aujourd’hui
Le sloop, avec son mât unique, sa grand-voile et son foc, reste le plus courant. Mais d’autres options existent selon votre programme de navigation et vos préférences personnelles.
- Le Sloop : Le plus simple et efficace au près. Gréement fractionné (étai ne va pas en tête de mât) ou en tête.
- Le Cotre : Un sloop avec deux voiles d’avant (trinquette et yankee). Plus polyvalent et sécurisant dans la brise.
- Le Ketch et le Yawl : Deux mâts, le mât arrière (artimon) étant plus petit. Fractionne la voilure, plus facile à gérer en équipage réduit.
- La Goélette : Deux mâts ou plus, le mât avant étant plus petit ou de même taille que le mât principal.
La nouvelle ère : comment les bateaux à foils volent plus vite que le vent
Le principe du foil : une aile sous le bateau
Imaginez une aile d’avion classique. Un foil, c’est exactement la même chose, mais qui évolue sous l’eau. Son but n’est pas de contrer la dérive latérale, mais bien de pousser verticalement pour soulever le bateau.
En prenant de la vitesse, l’eau circule rapidement sur le profil. Le foil génère alors une portance hydrodynamique verticale puissante qui arrache littéralement la coque à l’emprise de la mer pour la faire monter.
Le bateau ne flotte plus selon les vieilles lois d’Archimède, il “vole” au-dessus de l’eau. C’est un changement d’état spectaculaire qui réduit les frottements à leur plus simple expression.
La réduction drastique de la traînée
C’est là que réside tout le secret de la vitesse. La principale force qui freine un bateau est la traînée hydrodynamique de sa coque qui déplace de l’eau et crée des vagues.
En sortant intégralement la coque de l’eau, cette traînée de friction est quasiment éliminée. Il ne reste que la traînée, bien plus faible, des foils eux-mêmes qui fendent le liquide à haute vitesse.
Avoir moins de frein pour la même puissance de voile signifie une seule chose : une accélération fulgurante. Le bateau ne bute plus dans les vagues, il les survole sans effort apparent.
Dépasser la vitesse du vent : le cercle vertueux
Reprenons notre vent apparent. Quand le foiler accélère, son vent vitesse devient énorme. Le vent apparent se renforce et vient de plus en plus de l’avant, ce qui modifie les principes de navigation du voilier pour remonter au vent.
Le bateau peut alors naviguer très vite à des allures proches du travers. Cela génère une puissance phénoménale car la voile travaille avec un rendement aérodynamique optimal dans ce flux d’air accéléré.
La vitesse du bateau devient si grande que le vent vitesse dépasse le vent réel. La vitesse du bateau sur l’eau peut alors être 2, 3, voire 4 fois supérieure à la vitesse du vent réel, un exploit physique.
L’avenir de la voile est-il sur foils ?
Longtemps réservés à la compétition extrême comme la Coupe de l’America ou le Vendée Globe, les foils se démocratisent. On commence à voir ces appendices sur des supports accessibles au grand public.
On voit apparaître des voiliers de croisière à foils, et la technologie devient même une compétence requise. L’État a d’ailleurs intégré le vol dans la certification BPJEPS dès 2025 pour les moniteurs de voile professionnels, preuve que le métier évolue.
Si ce n’est pas encore pour tous les programmes de navigation familiale, c’est une évolution technique majeure. Elle redéfinit les limites de la propulsion vélique et ouvre des horizons de vitesse inédits.
Appliquer ces principes à votre voilier de croisière
Le près sur un croiseur : ne soyez pas trop gourmand
Votre bateau de croisière n’est pas conçu pour la régate pure. Avec son déplacement lourd et ses voiles standards, vouloir serrer le vent comme un America’s Cup est une erreur. Vous allez juste vous arrêter net face au clapot.
Pensez au confort de votre équipage avant tout. Un près trop serré impose une gîte infernale et des chocs violents dans la vague, ce qui épuise tout le monde très rapidement.
La stratégie gagnante ? Il vaut mieux abattre de quelques degrés. Le bateau accélère, le VMG s’améliore drastiquement et le moral à bord reste au beau fixe pour la suite de la navigation.
Quand allumer le “moteur à vent” ?
Soyons réalistes un instant. S’acharner à vouloir remonter au vent dans la pétole ou face à un clapot court et haché n’a souvent aucun sens logique ni marin.
Le moteur reste un outil de sécurité et de confort. Savoir l’utiliser au bon moment, sans complexe, fait partie intégrante des compétences d’un chef de bord avisé.
La navigation au moteur appuyé par les voiles (motorsailing) est souvent la meilleure option. Elle stabilise le bateau, crée du vent apparent et permet de tenir le cap sans souffrir.
L’importance des voiles adaptées
Des voiles vieilles et déformées, qu’on dit “pochées”, tuent vos performances. Elles augmentent la traînée et la gîte sans vous faire avancer correctement face au vent, c’est mathématique.
Investir dans un jeu de voiles en bon état est la meilleure décision pour votre sécurité. C’est le jour et la nuit en termes de rendement et de cap.
Pensez à équiper votre voilier remonter vent principes-de navigation d’une trinquette. Une petite toile bien coupée sera toujours plus efficace qu’un génois partiellement enroulé qui ressemble à un sac à patates.
Le plaisir de la glisse avant tout
Au final, la voile doit rester un plaisir pur. Sentir la barre vivre sous la main, trouver le réglage parfait et voir le bateau accélérer est simplement jouisif.
Comprendre la physique ne sert pas qu’à la vitesse. Cela vous permet d’être en phase avec votre navire et de mieux lire les éléments qui vous entourent.
C’est cette finesse qui transforme une sortie banale en une superbe navigation, même pour rejoindre les meilleurs mouillages entre Marseille et Menton lors de votre prochaine croisière.
Finalement, saisir la mécanique des fluides ne tue pas la magie, bien au contraire. Comprendre ce dialogue invisible entre l’air et l’eau transforme chaque sortie en une expérience plus riche et maîtrisée. Que vous visiez la vitesse ou la plénitude, c’est cette connaissance qui fait de vous un véritable marin. Bon vent
































