Glossaire expliqué des termes marins de base

Rien que le titre, on a peur : bienvenue à bord !
Vous voilà prête, chère équipière, à larguer les amarres et à voguer vers de nouveaux horizons… mais avant de transformer un paisible matin au vieux port de Marseille en véritable sitcom nautique, un petit défi se dresse devant vous : le vocabulaire marin. Ah, ces mots étranges qui semblent tout droit sortis d’un film de pirate ! Le bordé, le winch, le pataras, le bossoir, … Vous froncez les sourcils et vous vous dites : « Pourquoi faire simple quand on peut compliquer ? »
Rassurez-vous, même les matelots chevronnés ont un jour aligné « mât » et « maître bau » avec un air dubitatif. Le secret, c’est la répétition, un zeste de persévérance, et—pourquoi pas—une pointe d’humour. Alors, rangeons vos appréhensions dans la cambuse, et partons à la découverte de ce nouveau langage qui fera de vous la star du pont !
Pourquoi apprendre le jargon marin ?
Sécurité et réactivité
Imaginez une rafale de vent, une vague qui claque contre la coque, et vous, paniquée : « Attrape-moi la grosse corde qui tient la grande voile ! » En réaction, votre équipier se gratte la tête… résultat ? La voile part au vent, le bateau gîte dangereusement, et vous gagnez une belle frayeur.
En revanche, un commandement net et court—« Borde l’écoute de GV ! »—permet une action instantanée, précise, quasi télépathique. Vous gagnerez en sérénité, même quand Neptune décide de déchaîner sa colère au large.Efficacité des manœuvres
Sur un voilier, chaque seconde compte. Les manœuvres se succèdent à un rythme soutenu : hisser, border, choquer, empanner… Un vocabulaire commun garantit une coordination fluide et sans ambigüité. Vous parlerez le même dialecte que votre équipage, de la barre au cockpit, du winch à la filière.Plaisir de naviguer
Vous vous sentirez à votre aise dans ce monde maritime, et la voile cessera d’être un sport mystérieux pour devenir une vraie passion. Plus qu’un loisir, c’est une communauté, avec ses rites, ses expressions et ses petites charades qui rendent chaque sortie unique.
Première escale : les zones de vie et de manœuvre
Avant de détailler le matériel, prenons vos marques sur le pont. Voici les quartiers généraux du voilier que vous croiserez à coup sûr :
1. La barre
À roue : comme un volant de voiture, avec un grand cercle.
Franche : une perche qu’on pousse ou qu’on tire.
Double barre à roue : sur certains voiliers, deux volants permettent au barreur de choisir son côté préféré—pratique pour suivre le soleil ou échanger un mot avec l’équipier.
2. Le cockpit
C’est votre poste de commandement : là où l’on pilote, où l’on discute stratégie météo et où—avouons-le—on s’offre l’apéro lorsqu’une mer d’huile s’étend à l’horizon.
3. La descente
Les escaliers sécurisés (parfois équipés d’une trappe) qui mènent à la cabine. Pensez à transporter vos biscuits et votre gilet de sauvetage sans trébucher !
4. Les balcons (poupe et proue)
Balcon arrière (poupe) et balcon avant (proue) : balustrades de sécurité pour éviter que l’on ne tombe à la mer.
Étrave : la pointe avant de la coque, fièrement plantée face aux vagues.
5. Le rouf
La structure surélevée autour de la descente. Il offre un abri soulageant lorsque le crachin breton persiste… et un support au GPS quand le ciel est dégagé.
6. Le cockpit table et la plage avant
Cockpit table : on y déploie le tangon à cartes, l’ordinateur ou les verres de rosé.
Plage avant : pas seulement pour le bronze artistique ! C’est aussi l’aire de lancement et de récupération des voiles.
Deuxième escale : la coque et ses appendices
Pour flotter, tenir le cap et résister aux assauts du vent et des vagues, votre voilier est équipé de pièces fondamentales :
| Élément | Fonction |
|---|---|
| Coque | Corps principal du bateau. La partie immergée s’appelle la carène. |
| Safran | Aile pivotante sous la poupe, contrôle la direction. |
| Gouvernail | Ensemble mât + safran ou barre (selon les termes). |
| Quille | Appendice sous la coque, souvent lesté pour la stabilité. |
| Lest/Bulbe | Masse additionnelle au bas de la quille, contrepoids en cas de gîte. |
Astuce humoristique : Si vous ouvrez votre quille pour l’hivernage et que vous découvrez un banc d’huîtres, c’est qu’elle a bien résisté aux tempêtes… et qu’elle a peut-être un faible pour la vie sous-marine !
1. Quillard vs dériveur
Quillard : quille fixe, parfaite pour navigations sportives ou hauturières.
Dériveur : quille relevable, idéale pour explorer les criques, s’échouer en douceur et ramasser des coquillages.
Troisième escale : le gréement
Le gréement, c’est tout ce qui vous propulse ! Divisons-le en deux catégories :
A. Gréement dormant
Ce sont les câbles et mâts immobiles, qui tiennent la structure.
Mât : colonne vertébrale du voilier.
Bôme : poutre horizontale qui maintient la grand-voile.
Haubans (latéraux), étai (avant), pataras (arrière) : câbles d’acier graisseux qui retiennent le mât dans toutes les directions.
Barres de flèche, intermédiaire, bas-haubans : renforts plus subtils que vous apprendrez à connaître… plus tard.
B. Gréement courant
Les cordages et voiles que vous manipulez :
Écoutes : cordages qui bordent (tendent) ou choquent (lâchent) les voiles.
Drisses : cordages qui hissent ou affalent (descendent) les voiles.
Réas, winchs, taquets : poulies, treuils et crochets vous aidant à régler la tension sans vous arracher le dos.
Clin d’œil : Si vous vous sentez l’âme d’un architecte, sachez que jouer avec la tension des haubans et du pataras, c’est un peu comme sculpter la forme du mât avec le vent pour lui donner la flèche parfaite.
Quatrième escale : les manœuvres de base
Maintenant que vous connaissez les mots, passons aux gestes. Voici 4 manœuvres essentielles que toute débutante senior doit maîtriser avant de songer au grand large :
| Manœuvre | Description | Vocabulaire clé |
|---|---|---|
| Hisser la GV | Remonter la grand-voile le long du mât grâce à la drisse. | Drisse, chariot, coulisseau |
| Border l’écoute de GV | Tirer la corde pour rapprocher la voile du vent. | Bâbord/tribord amure, winch, taquet |
| Choquer l’écoute de GV | Lâcher peu à peu la tension pour prendre du vent plus librement. | Chute, hale-bas |
| Empanner | Changer l’amure de la grand-voile en laissant passer la bôme devant. | Bôme, écoute, hale-bas, ris |
Conseil d’expert : N’hésitez jamais à répéter le même geste plusieurs fois, en chantonnant mentalement les termes—ça rentre plus vite qu’on ne le croit !
Cinq astuces pour progresser vite
Plan de bataille linguistique
Créez votre petit carnet de bord (ohé ohé !), où chaque sortie est l’occasion d’y ajouter un nouveau terme accompagné d’un dessin ou d’une photo. Un mot par sortie, un trésor pour votre vocabulaire.Le jeu du « devine la commande »
En équipage, faites des quizz express : « Qu’est-ce que je veux si je dis : choquez le hale-bas ? » Le perdant paye le café à l’arrivée au port !La répétition active
Dès que vous pouvez, passez vos instructions à voix haute. Même si le bateau est vide, parlez à votre winch comme si c’était un vieux pirate : « Allez, mon vieux, envoie la… »La méthode visuelle
Placez des étiquettes repositionnables sur chaque élément du voilier pendant vos premières heures. Vous éviterez de confondre tangon et bôme… et vos coéquipiers apprécieront.La plongée virtuelle
Internet regorge de vidéos et de simulateurs de manœuvres. Deux minutes par jour devant votre écran peuvent vous épargner des heures de tâtonnements sur l’eau.
Construire votre premier glossaire de bord
Pour vous simplifier la vie, téléchargez ou créez un modèle de glossaire PDF à imprimer et à garder dans votre sac étanche. Il comprendra :
Les termes de base (matériel, manœuvres).
Une colonne « Actions » où vous notez, dans votre propre mots, ce que chaque commande signifie ;
Une colonne « Astuce perso » pour y ajouter vos remarques ou vos petits trucs mnémotechniques (par exemple, « Bôme = bar antibiome pour retenir… non, surtout pas… »).
Conclusion : cap sur la confiance
Le vocabulaire marin n’est qu’une clé pour ouvrir les portes d’un monde de liberté, de découverte et d’aventures. Avec un peu de méthode, une dose d’humour et l’envie de partager, vous passerez de débutante hésitante à capitaine assurée en un rien de temps.
Petit rappel sympa : même les vieux loups de mer continuent d’apprendre chaque jour. Alors, hissez le pavillon, dites « à la revoyure, terre ferme ! » et partez défier les éléments, un terme nautique à la fois.
Bon vent, et que la mer soit douce !








































